Lubumbashi, RDC - Une crise foncière aux proportions alarmantes se déroule à Lubumbashi, où plus de 8 000 ménages se trouvent en situation de conflit avec la Régie des Voies Aériennes (RVA). Les résidents des quartiers Luano City et Route Crec 7 accusent la RVA de tenter de s'approprier leurs terres en construisant une clôture qui dépasse les limites de la propriété de l'entreprise.
Ce différend a des racines profondes, remontant à l'époque coloniale. Les habitants affirment avoir des documents prouvant leur droit de propriété sur ces terres, et une plainte a même été déposée auprès du Parquet près le Tribunal de paix/Lubumbashi-Kamalondo en juin 2021. Un rapport d'expertise cadastrale, établi après une visite sur le terrain, avait confirmé les limites de leurs propriétés.
Un conflit qui s'intensifie
Malgré une décision antérieure du ministre des Transports et Voies de communication, José Makila Sumanda, qui avait tranché en faveur des résidents, la RVA a repris les travaux de construction de la clôture, empiétant sur les habitations des riverains. Cette action a provoqué une vive indignation parmi la population, qui se sent trahie et menacée.
La situation a pris une tournure dramatique lorsque le maire de Lubumbashi a émis un arrêté ordonnant la démolition des maisons situées sur le tracé de la clôture, à partir du lundi 16 mars. Cette décision mettrait plus de 8 000 familles à la rue, les laissant sans abri et dans une situation de détresse extrême.
Un appel à l'aide et une menace de soulèvement
Face à cette menace d'expulsion massive, les habitants de Luano City et Route Crec 7 lancent un appel pressant aux autorités compétentes pour qu'elles interviennent et mettent fin à cette "provocation" de la RVA. Ils soulignent que cette crise survient à un moment où le gouvernement est déjà confronté à la situation préoccupante dans l'est du pays, et qu'elle risque de créer un nouveau foyer de tension.
Les résidents menacent de se prendre en charge si leurs revendications ne sont pas entendues, laissant planer le spectre d'un soulèvement populaire. Ils demandent une enquête approfondie sur cette affaire et une solution juste et équitable qui respecte leurs droits de propriété.
Un territoire de 14 kilomètres en jeu
L'étendue du territoire contesté, qui s'étend sur 14 kilomètres, souligne l'ampleur de ce conflit foncier. Il met en lumière les défis persistants en matière de gestion foncière en RDC et la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des droits des citoyens.